Ringards, les cadeaux d’affaires ? Pas si sûr, si l’on en juge par le nombre de prestataires qui opèrent sur ce secteur ! Intégrés dans une stratégie de communication, les cadeaux d’affaires sont un des maillons de la relation client. L’investisseur, qui permet au passage de réduire ses charges, peut être rentable, à condition de viser juste.
La décennie 1980 fut, en la matière, la décennie des excès ; la suivante, celle des réductions drastiques au nom de la morale et des réductions budgétaires ; depuis les années 2000, le marché du cadeau d’affaire s’est clarifié et a trouvé de nouvelles marques. « La tendance n’est plus,aujourd’hui, au quantitatif. Les plans marketing sont beaucoup plus fins et l’offre, plus ponctuelle, s’est diversifiée. Globalement, les budgets de communication ont été maintenus, mais nos clients ont précisé leur cible pour un réel retour sur investissement », explique Sacha KOSANOVIC, directeur associé de Concorde Cadeaux Rhône-alpes, installé depuis deux ans sur le bassin annecien.

Des cadeaux pour qui ?
A qui veut-on faire un cadeau ? En établissant la liste précise de ceux que l’on souhaite remercier ou à qui l’on veut faire plaisir, on est sûr de n’oublier personne. L’important est de hiérarchiser ses cadeaux en fonction de l’importance de ses interlocuteurs. Si 20% des clients d’une entreprise représentent 80% de con chiffre d’affaires, il est bien évident qu’il faut ajuster en proportion le cadeau qui leur sera destiné. À quelle occasion ? La fin d’année est habituellement la période retenue, mais un cadeau est d’autant plus remarqué s’il coïncide avec une occasion spéciale, comme un anniversaire ou un événement de la vie de l’entreprise (déménagement, démarrage d’une nouvelle production, par exemple). Le présent peut être remis en main propre ou expédié. Dans ce dernier cas, mieux vaut privilégier les objets légers et peu volumineux afin de limiter la manutention et les frais postaux.

Les règles du savoir offrir
Pour viser juste, il est judicieux, d’appliquer quelques règles de bon sens. Les logos trop gros sur les objets de type sac à dos, parapluie ou tee-shirt sont à proscrire : un client, aussi satisfait soit-il’, ne tient pas à être repéré à des kilomètres à la ronde ! Les cadeaux trop chers ou disproportionnés peuvent, quant à eux, être perçus comme un « dessous de table ». A contrario, les babioles inutiles ont toutes les chances de finir au fond d’un tiroir… au mieux. Même s’il s’agit de distribuer un objet de faible valeur aux visiteurs d’un salon, afin de générer du trafic, mieux vaut joindre l’utile à l’esthétique.
Ceci étant dit, on peut se lancer à la recherche du « bon » cadeau. Les champagnes, vins, spiritueux et produits du terroir figurent au hit parade des objets les plus appréciés. A réserver aux interlocuteurs privilégiés, cependant, car les prix grimpent vite. Idem pour les voyages ou sorties, plutôt réservés à la motivation des équipes.
Pour des budgets de l’ordre d’une quinzaine d’euros/pièce, les objets utiles et fonctionnels sont à privilégier : le destinataires se souviendra de l’entreprise qui le lui a offert à chaque fois qu’il le verra, le portera ou le manipulera. Et on a l’embarras du choix dans des domaines aussi divers que les accessoires de bureau (stylos, cadres photo), la maroquinerie, l »horlogerie, le textile… À côté de ces grands classiques, les mini-souris sans fil, les lecteurs MP3 ou encore les clés USB opèrent une percée remarquée. Afin de gagner en « visibilité », mieux vaut jouer la carte de la saison : une écharpe en hiver est la bienvenue et un nécessaire à pique-nique tombe à pic au printemps !
Le savoir offrir répond également à des règles fiscales précises. Les cadeaux d’affaires sont une charge déductible lorsqu’ils sont réalisés dans l’intérêt direct de l’entreprise, c’est-à-dire pour son bon fonctionnement ou son développement. Et il est possible, en prime, de récupérer la TVA si leur valeur ne dépasse pas les 31 euros TTC, frais de distribution compris, par année et par destinataire.


Sophie BOUTRELLE
ERA 1479