Ecouter son corps
Par Bérénice Volgringer, lundi 12 décembre 2005 à 18:46 :: Beauté :: #48 :: rss
On l'ignore, on le refuse, on le méprise... ou l'on pratique volontiers la méthode Coué: "Allez, on se secoue et ça va repartir". Le problème, c'est que souvent ça ne repart pas. Il s'agit, bien sûr, de l'organisme, de cet ensemble psychosomatique qui nous parle en permanence.
Encore faut-il l'entendre.
1. DECODER LE MESSAGE D'ALARME: Etre fatigué, si on ose dire, est une aubaine. "C'est un signal que la nature a mis à notre siposition pour nous prévenir que notre corps "souffre" et nous demande de lever le pied. C'est un avertisseur, un voyant, un garde-fou, un message d'alarme, bref un moyen de défense de l'organisme contre l''usure et la casse'", explique le Dr Jean-Claude Nataf, généraliste.
2. NE PAS CONFONDRE FATIGUE ET FATIGUES: "Il faut distinguer deux sortes de fatigue, indique Jean-Pierre Nucci, préparateur physique: la fatigue 'ponctuelle', qui disparaît après une courte période de repos (une bonne nuit de sommeil, par exemple), et la fatigue 'chronique' qui affecte autant le psychisme que le physique, et qui est liée à cinq causes majeures inhérentes au mode de vie moderne: le stress, la sédentarité, le déséquilibre alimentaire, l'alcool, le tabac et la mauvaise gestion de son temps
3. COMPRENDRE LE SENS DU REFRAIN: "Docteur, je me sens vanné, cassé, claqué, crevé, vidé, moulu, fourbu,...": un refrain qui tourne en boucle dans les cabinets médicaux puisque 500 000 Français consultent chaque année pour asthénie. D'où l'importance de prendre au sérieux les S.O.S. envoys par le corps et de décrypter le langage de certains maux.
4. J'AI LES MUSCLES QUI SE RAIDISSENT: Vos cuisses et vos mollets peinent quand vous grimpez un escalier, un exercice que vous accomplissiez les doigts dans le nez, dix fois par jour, au retour des vacances? Une baisse de rendement des muscles typique de ka fatigue, laquelle " traduit un épuisement des réserves énergétiques et provoque une moindre résistance à l'effort", commente Jean-Pierre Nucci.
5. J'AI DES SPASMES ABDOMINAUX: C'est un autre des méfaits du fonctionnement en sur-régime, alias le "syndrome de l'intestin irritable" et qui doit mettre la puce à l'oreille. Ces contractions brusques et violentes de l'intestion (fréquemment localisées côté gauche) s'accompagnent de constipations, de diahrée ou de allonnements.
6. JE SUIS CERNE JUSQU'AUX OREILLES: Si des traces jaunes, bleutées ou noires s'installent sous vos yeux, alerte! Ces halos ne s'appellent pas pour rien des "cernes de fatigue". A force de surmenage, de veilles fréquentes et prolongées, d'insomnie..., le réseau vasculaire qui irrigue cette partie du visage se congestionne. Les déchets et les pigments sanguins qu'il charrie s'agglomèrent sous l'épiderme, très fin à cet endroit.
7. J'AI DES "TACHES DE BOUGIES": Quoi qu'est-ce? "Une espèce de croûte sèche qui se forme en certains lieux d'élection (genoux, coudes, plante de spieds, paume des mains...)", indique le Dr Nataf. C'est que tout pic de fatigue dérègle le métabolisme de la peau. Autres clignotants hypercourants qui s'allument dès que l'on charge trop la bête: le bouton de fière sur la bouche, la pustule sur le menton, les plaques sur les ailes du nez...
8. J'AI LE CRANE QUI RESSEMBLE DE PLUS EN PLUS AU MONT CHAUVE: Notre capital capillaire a le mauvais goût de fondre sous l'effet d'une overdose d'activités. Logique: le stress et la fatigue s'incrustant, l'adrénaline libérée dans le sang réduit le diamètre des vaisseaux sanguins chargés d'alimenter les cellules fabricant les poils d'"en haut". Et "ça" tombe!
9. J'AI SOUVENT MAL A LA TÊTE: Un mal classique qui empoisonne la vie des forçats du boulot au bout du rouleau. Traduction physiologique de ce ras-le-bol du corps, savamment baptisé "céphalée de tension": tous les muscles du cou se crispent, la nuque se raidit, les nerfs cervicaux s'irritent et une douleur lancinante vous vrille le crâne en irradiant dans les épaules.
10. JE ME REVEILLE FATIGUÉ: En temps normal, l'alternance sommeil léger/sommeil profond réorganise le mental, relaxe les neurones et permet de récupérer, sur tous les plans. Rien de tel quand on tutoie le "burn-out". Impossible, dans ce cas, de "débrancher" son système d'éveil sitôt plongé sous la couette, et quand on se réveille sur le coup de 3H00, pas moyen de regagner les bras de Morphée! Un vrai cercle infernal.
11. J'AI L'HUMEUR EN ACCORDÉON: D'ordinaire d'un calme olympien et d'une réactivité à toute épreuve, vous vous irritez pour des broutilles, appuyez dix fois sur le même bouton quand vous prenez l'ascenceur, éprouvez l'impression que votre pensée tourne au ralenti, sursautez au moindre bruit,etc? Mauvais signe... La preuve, en tout cas, que trop de pression sape votre réserve de patience, vous rend irritable et pertube votre équilibre émotionnel.
12. J'AI LE MORAL DANS LES CHAUSSETTES: tout aussi parlant: perdre confiance,ne plus se juger à la hauteur, être convaincu qu'on arrivera jamais à bout des dossiers qui s'entassent sur son bureau. "L'état d'usur de d'épuisement se manifeste par un sentiment de grande lassitude, par l'envie d'abandonner le combat, de tout plaquer parce qu'on se sent nul", assure Jean-Pierre Nucci.
13. JE N'AI PLUS ENVIE DE JOUER LES DON JUAN: Ne plus ressembler au loup de Tex avery (langue pendante, regard hagard) à la vue d'une "bimbo" court vêtue ou de la dernière nuisette Fifi Chachnil de Madame signe itou une sévère baisse de régime. Qui dit vitalité et productivité en berne dit libido dans le même état, donc ralentissement de la sexualité.
14. J'AI GROSSI (OU MAIGRI) CES DERNIERS MOIS: "Une grosse fatigue déclenche une modification des habitudes alimentaires, dit le Dr Nataf. Soit on grignote tout le temps et n'importe quoi, ce qui revient à donner un surcroît de travail à l'organisme pour digérer (et ce qui le fatigue encore plus), soit on saute les repas et on se déplume."
LES SOLUTIONS POUR S'EN SORTIR:
Commencez par rendre visite à votre généraliste pour vérifier qu'aucune pathologie (diabète, hypertension artérielle...) n'explique votre méforme. Ensuite, pour retrouver du tonus, corrigez une à une vos erreurs.
Quelques règles de base:
oubliez les excitants,
reprenez doucement un sport d'endurance en laissant à l'organisme le temps de se réaccoutumer à ce nouveau rythme,
mangez bien et modérément et tolérez l'inaction.
Au boulot! Pour devenir centenaire, il faut commencer jeune... Sport, Décembre 2005
2. NE PAS CONFONDRE FATIGUE ET FATIGUES: "Il faut distinguer deux sortes de fatigue, indique Jean-Pierre Nucci, préparateur physique: la fatigue 'ponctuelle', qui disparaît après une courte période de repos (une bonne nuit de sommeil, par exemple), et la fatigue 'chronique' qui affecte autant le psychisme que le physique, et qui est liée à cinq causes majeures inhérentes au mode de vie moderne: le stress, la sédentarité, le déséquilibre alimentaire, l'alcool, le tabac et la mauvaise gestion de son temps
3. COMPRENDRE LE SENS DU REFRAIN: "Docteur, je me sens vanné, cassé, claqué, crevé, vidé, moulu, fourbu,...": un refrain qui tourne en boucle dans les cabinets médicaux puisque 500 000 Français consultent chaque année pour asthénie. D'où l'importance de prendre au sérieux les S.O.S. envoys par le corps et de décrypter le langage de certains maux.
4. J'AI LES MUSCLES QUI SE RAIDISSENT: Vos cuisses et vos mollets peinent quand vous grimpez un escalier, un exercice que vous accomplissiez les doigts dans le nez, dix fois par jour, au retour des vacances? Une baisse de rendement des muscles typique de ka fatigue, laquelle " traduit un épuisement des réserves énergétiques et provoque une moindre résistance à l'effort", commente Jean-Pierre Nucci.
5. J'AI DES SPASMES ABDOMINAUX: C'est un autre des méfaits du fonctionnement en sur-régime, alias le "syndrome de l'intestin irritable" et qui doit mettre la puce à l'oreille. Ces contractions brusques et violentes de l'intestion (fréquemment localisées côté gauche) s'accompagnent de constipations, de diahrée ou de allonnements.
6. JE SUIS CERNE JUSQU'AUX OREILLES: Si des traces jaunes, bleutées ou noires s'installent sous vos yeux, alerte! Ces halos ne s'appellent pas pour rien des "cernes de fatigue". A force de surmenage, de veilles fréquentes et prolongées, d'insomnie..., le réseau vasculaire qui irrigue cette partie du visage se congestionne. Les déchets et les pigments sanguins qu'il charrie s'agglomèrent sous l'épiderme, très fin à cet endroit.
7. J'AI DES "TACHES DE BOUGIES": Quoi qu'est-ce? "Une espèce de croûte sèche qui se forme en certains lieux d'élection (genoux, coudes, plante de spieds, paume des mains...)", indique le Dr Nataf. C'est que tout pic de fatigue dérègle le métabolisme de la peau. Autres clignotants hypercourants qui s'allument dès que l'on charge trop la bête: le bouton de fière sur la bouche, la pustule sur le menton, les plaques sur les ailes du nez...
8. J'AI LE CRANE QUI RESSEMBLE DE PLUS EN PLUS AU MONT CHAUVE: Notre capital capillaire a le mauvais goût de fondre sous l'effet d'une overdose d'activités. Logique: le stress et la fatigue s'incrustant, l'adrénaline libérée dans le sang réduit le diamètre des vaisseaux sanguins chargés d'alimenter les cellules fabricant les poils d'"en haut". Et "ça" tombe!
9. J'AI SOUVENT MAL A LA TÊTE: Un mal classique qui empoisonne la vie des forçats du boulot au bout du rouleau. Traduction physiologique de ce ras-le-bol du corps, savamment baptisé "céphalée de tension": tous les muscles du cou se crispent, la nuque se raidit, les nerfs cervicaux s'irritent et une douleur lancinante vous vrille le crâne en irradiant dans les épaules.
10. JE ME REVEILLE FATIGUÉ: En temps normal, l'alternance sommeil léger/sommeil profond réorganise le mental, relaxe les neurones et permet de récupérer, sur tous les plans. Rien de tel quand on tutoie le "burn-out". Impossible, dans ce cas, de "débrancher" son système d'éveil sitôt plongé sous la couette, et quand on se réveille sur le coup de 3H00, pas moyen de regagner les bras de Morphée! Un vrai cercle infernal.
11. J'AI L'HUMEUR EN ACCORDÉON: D'ordinaire d'un calme olympien et d'une réactivité à toute épreuve, vous vous irritez pour des broutilles, appuyez dix fois sur le même bouton quand vous prenez l'ascenceur, éprouvez l'impression que votre pensée tourne au ralenti, sursautez au moindre bruit,etc? Mauvais signe... La preuve, en tout cas, que trop de pression sape votre réserve de patience, vous rend irritable et pertube votre équilibre émotionnel.
12. J'AI LE MORAL DANS LES CHAUSSETTES: tout aussi parlant: perdre confiance,ne plus se juger à la hauteur, être convaincu qu'on arrivera jamais à bout des dossiers qui s'entassent sur son bureau. "L'état d'usur de d'épuisement se manifeste par un sentiment de grande lassitude, par l'envie d'abandonner le combat, de tout plaquer parce qu'on se sent nul", assure Jean-Pierre Nucci.
13. JE N'AI PLUS ENVIE DE JOUER LES DON JUAN: Ne plus ressembler au loup de Tex avery (langue pendante, regard hagard) à la vue d'une "bimbo" court vêtue ou de la dernière nuisette Fifi Chachnil de Madame signe itou une sévère baisse de régime. Qui dit vitalité et productivité en berne dit libido dans le même état, donc ralentissement de la sexualité.
14. J'AI GROSSI (OU MAIGRI) CES DERNIERS MOIS: "Une grosse fatigue déclenche une modification des habitudes alimentaires, dit le Dr Nataf. Soit on grignote tout le temps et n'importe quoi, ce qui revient à donner un surcroît de travail à l'organisme pour digérer (et ce qui le fatigue encore plus), soit on saute les repas et on se déplume."
LES SOLUTIONS POUR S'EN SORTIR:
Commencez par rendre visite à votre généraliste pour vérifier qu'aucune pathologie (diabète, hypertension artérielle...) n'explique votre méforme. Ensuite, pour retrouver du tonus, corrigez une à une vos erreurs.
Quelques règles de base:
oubliez les excitants,
reprenez doucement un sport d'endurance en laissant à l'organisme le temps de se réaccoutumer à ce nouveau rythme,
mangez bien et modérément et tolérez l'inaction.
Au boulot! Pour devenir centenaire, il faut commencer jeune... Sport, Décembre 2005
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